Pour en finir avec les miracles bibliques.

un droit de passage prohibitif sur les bateaux qui passaient sur l’Escaut. Il coupait sans pitié la main de ceux qui refusaient de payer, mais Silvius Brabo, un soldat Romain, le tua, lui coupa à son tour la main et la jeta dans la rivière. Les spécialistes pensent que le nom provient en réalité originellement du latin « antverpia » qui indique une zone de sédimentation dans la courbe intérieure d’une rivière. D’autres hypothèses pour l’origine linguistique existent, mais ce qui importe ici est que ce n’est pas la légende du géant Druoon Antigoon qui a fait que la ville se nomme Anvers. C’est le folklore qui a été inventé, a posteriori, pour donner du sens à l’Étymologie populaire. Certains historiens font l’hypothèse que le même processus est à l’origine de l’exode, un récit qui permet d’expliquer l’importance religieuse de bien des lieux géographiques, particulièrement le mont Sinaï. Si ces événements ne se sont pas produits, que ce sont juste des histoires qui ont commencé à être racontées durant l’exil à Babylone, il n’est pas nécessaire de proposer des explications scientifiques littéralistes pour rendre compte des 10 plaies ou de la traversée de la mer Rouge. Les choses deviennent beaucoup plus compliquées avec le Nouveau Testament. Le consensus actuel chez les historiens et les théologiens est qu’il y a effectivement eu un Jésus historique. Le débat porte sur ce que l’on peut dire sur lui avec certitude. Il existe un continuum dans la littérature, avec d’un côté des apologètes qui considèrent que le récit biblique est très proche d’événements historiques qui se seraient effectivement déroulés ; de l’autre, des athées qui pensent que l’on sait dire bien des choses à propos d’un Jésus historique, mais qu’évidemment la résurrection et d’autres miracles ne se sont pas produits ; jusqu’à des érudits plus sceptiques, comme par exemple Robert M. Price qui considère qu’en réalité on ne sait pratiquement rien dire à propos de lui. Du côté des chrétiens, le philosophe William Lane Craig qui affirme par exemple qu’il y aurait de solides raisons de croire que la résurrection est un événement historique, mais ses arguments sont en définitive peu convaincants. Le problème est que la rédaction des Évangiles est tardive, plusieurs décennies après la vie supposée du personnage historique. On ne sait, de plus, rien des auteurs des Évangiles. Les écrits étaient au départ anonymes et la tradition leur a ensuite attribué des noms. On n’est clairement pas ici devant des témoignages de première main, même si les fondamentalistes continuent à défendre cette position extrême. Au mieux, on peut arguer qu’il y a eu une tradition orale chez les premiers chrétiens qui auraient été mise par écrit à un moment donné par différents individus. On peut dans ce contexte demander à quel point une culture orale de ce type peut préserver des récits

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