Pour en finir avec les miracles bibliques.
fiables d’événements historiques pendant des décennies. Songez à quel point le message de bouche à oreille se transforme rapidement dans un jeu de téléphone sans fil. Les évangélistes font, de plus, preuve de créativité littéraire lorsqu’ils mettent par écrit cette tradition orale, sans compter qu’ils se basent les uns sur les autres. Les premiers écrits sur Jésus sont en réalité les lettres de Paul de Tarse, alors que celles-ci sont placées vers la fin du Nouveau Testament. Et encore beaucoup d’érudits considèrent que la plupart sont des apocryphes, ce qui signifie qu’elles ne sont pas réellement de lui. Seuls sept sont considérés authentiques par la plupart des chercheurs. Ensuite la théorie la plus communément admise chez les historiens est que l’évangile de Marc et la source Q seraient ensuite apparus. Cette dernière serait un ensemble de paraboles et d’enseignement de Jésus que l’on aurait aujourd’hui perdus. Ce livre, s’il a effectivement existé, n’aurait donc pas convenu de récit de la vie d’un personnage historique. L’auteur anonyme de l’évangile de Marc n’avait pas le document Q sous les yeux lorsqu’il a écrit son texte, mais peut-être juste certaines des lettres de Paul. Les auteurs des Évangiles Matthieu et Luc avaient pour leur part accès à Marc, à la source Q, et à des lettres de Paul. Par conséquent, non seulement nous ne sommes pas devant des témoins directs, mais en plus nous ne sommes pas devant des récits indépendants les uns des autres. Du coup, si on ajoute les Évangiles apocryphes, évangile selonThomas, évangile de Pierre, Proto-Évangile de Jacques, et cetera, on pourrait être devant des sortes de fanfiction qui se construiraient les unes sur les autres, un peu comme les légendes arthuriennes au Moyen-Âge. Si cela pose clairement problème pour les sceptiques, les chrétiens argumentent que malgré l’interdépendance des récits, nous sommes néanmoins devant différentes sources. Chacun des auteurs retravaille l’histoire de Jésus pour défendre une position théologique bien précise. Il ne s’agit pas d’historiens modernes qui essaient d’être objectifs. Le Jésus présenté n’est même pas cohérent. On le présente parfois comme un rebelle qui va renverser les Romains : « N’allez pas croire que je suis venu apporter la paix sur terre. Je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive. » (dans Matthieu, chapitre 10, verset 34).
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTc5ODk=