Spécial commémoration 11 septembre 2001

ça, mais je ne pense pas que ce soit foncièrement majoritaire. Je pense simplement qu'à un moment, et bien ils peuvent oublier des choses fondamentales de la méthodologie scientifique. En particulier, dans la méthode scientifique, il faut quand même avoir ce que l'on appelle le scepticisme initial sur les faits, il ne faut pas avoir sa conclusion avant de commencer à chercher. Alors que là on a l'impression que, Reopen par exemple, je parle d'eux parce que je les connais peut-être un petit peu mieux. Et ce ne sont pas des gens du tous antipathique, ce n'est pas le problème, mais je pense que la façon dont ils se sont organisés avec cette volonté de ré ouvrir à tout prix une enquête parce qu'ils considèrent que celle qui a été menée a été bâclée, on a l'impression que tant que cette enquête n'arrivera pas aux conclusions qu’eux ont fixées à l'avance, et bien cela voudra dire que l'enquête n'est pas bonne. Ce n'est pas une bonne façon de poser le problème ! Ce n'est pas comme ça forcément que l'on peut établir les faits. Jean Michel Abrassart : Oui c'est un peu revenir sur le syndrome de Galilée. J'ai l'impression que dans certains mouvements, que dans ces mouvements-là il y a un peu une détestation du consensus scientifique. Ou du "c'est vrai, parce que ce n'est pas l'opinion consensuelle». Jean Louis Racca : Oui alors cela me rappelle ce que disais, j'ai entendu dire ça par Jean Bricmont il n'y a pas très longtemps, il disait que finalement la science est un peu victime de son succès. Disons que la science a eu beaucoup de succès, disons entre le 18e, 19e, 20e siècle parce qu'elle s'est opposée, elle a permis de s'opposer à des pouvoirs établis qui étaient parfois basés sur des croyances ou des superstitions, mais du coupmaintenant on jette un peu... Enfin, elle-même est devenue un objet, disons de controverse et c'est vrai que si on y applique ce qu'on peut appeler parfois la méthode hypercritique : le doute pour le doute... La science a permis à certains moments de superstitions ou de croyances, mais, le doute, tel qu'on le conçoit, en particulier par exemple à l'observatoire critique, ne doit pas être une fin en soi ; il y a des façons aussi... enfin, la science à mon avis, c'est fait pour établir les faits, et si l'on considère le doute comme une comme fin en soi, on risque de ne pas établir les faits. Il y a, par exemple, des déraillements dans les méthodes de conspirationnistes qui s'apparentent un petit peu à ce que font parfois les négationnistes. Alors là, au niveau de la méthodologie, je ne dis pas au niveau des résultats, je suis sûr que la plupart des conspirationnistes ne sont pas d'accord avec les résultats, par exemple, que prétend montrer quelqu'un comme Faurisson. Mais s'ils s'intéressaient aux mêmes objets d'études, ils arriveraient malheureusement aux mêmes résultats parce qu'ils appliquent

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