Spécial commémoration 11 septembre 2001

Jean Louis Racca : Alors le syndrome galiléen, c'est le fait que quelqu'un qui défend une théorie, disons, en marge du consensus scientifique pour dire les choses de façon pas trop compliquée, un peu à l'instar de Galilée qui a été persécuté parce qu'il présentait une théorie, disons pas majoritairement admise à l'époque et bien quelqu'un qui va présenter quelque chose d'un petit peu marginal va dire "et bien je suis persécuté comme Galilée" et pour lui ça va être une preuve qu'il a raison. Même s’il faut aller plus loin pour prouver les choses et pas simplement dire "je suis persécuté". Ça, c'est quelque chose qui est assez souvent employé. On trouve ça chez les conspirationnistes, ils disent : "oui on n'accepte pas ce qu'on dit parce qu'on dérange ou parce qu'on est contre tel ou tel homme politique ", etc. En fait, non, on peut très bien avoir pratiquement les mêmes idées politiques avec certains d'entre eux, mais pas pour autant accepter leurs affirmations. Alors il y a aussi un autre argument, j'ai dit syndrome galiléen, argument d'autorité, cela je crois que tout le monde voit de quoi il s'agit, et il y avait aussi quelque chose qui m'a paru très important à présenter parce que pour confronter deux thèses, là il fallait confronter la version conspirationniste à la version que l'on appelle, à mon avis improprement «officielle», c'est le principe de parcimonie des hypothèses en sciences. Ce qu'on appelle parfois le rasoir d'Ockham. Et donc là, pareil, je l'ai présenté sur un exemple effectivement neutre pour que l'on comprenne bien de quoi il s'agissait. Tu veux que je rappelle un petit peu de quoi il s'agit pour les gens qui écouteraient pour la première fois ? Jean Michel Abrassart : Oui oui, vas-y ! Jean Louis Racca : Alors, la parcimonie des hypothèses et bien c'est un pilier disons, de la méthode scientifique, ça consiste quand on confronte éventuellement deux hypothèses à choisir celle qui est la plus, alors on dit souvent la plus simple, mais attention, c'est la plus simple épistémologiquement, c'est-à-dire c'est celle qui nécessite... pour expliquer, c'est la plus cohérente, c'est celle qui va permettre d'expliquer un maximum de choses avec un minimum d'hypothèses ad hoc comme on dit parfois, c'est-à-dire surnuméraires, adaptées juste à une situation particulière ; et du coup quand deux théories sont confrontées comme ça, il faut choisir celle qui amène le moins d'hypothèses surnuméraires ; comme on dit parfois, la plus simple, mais épistémologiquement.

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