Spécial commémoration 11 septembre 2001

un petit peu les mêmes méthodes, c'est-à-dire qu'ils montent en épingle des choses qui sont marginales ; ils confondent les débats qu'il peut y avoir entre tenants des thèses officielles sur des points de détail avec une remise en cause des faits. Des choses comme ça quoi. Je peux éventuellement en dire un peu plus sur ces méthodes, voilà : se focaliser sur des points de détail, exploiter les points faibles d'une thèse, et puis surtout, ce qui est peut-être le pire biais, c'est l'inversion de la charge de la preuve. C'est-à-dire que souvent, leurs arguments sont de l'ordre de : "montrez-moi que c'est faux", alors que non, ce n'est pas aux tenants de la thèse officielle de montrer que ce que disent les conspirationnistes est faux, c'est aux conspirationnistes d'apporter suffisamment de preuves pour montrer que ce qu'ils disent est vrai. Il y a aussi l'idée que parce que... bons, parfois les experts peuvent aussi se tromper sur un point particulier, mais ce n'est pas parce qu'ils se trompent sur un point particulier qu'ils vont se tromper sur tout. Or souvent, c'est un peu sous-entendu par les affirmations des conspirationnistes. Sous prétexte que l'on a pu se tromper sur un point particulier dans les thèses, tout est faux. Ou des fois, ils utilisent certaines citations hors contexte pour étayer leurs arguments. Par exemple, toujours dans le film Loose Change n°2, je dirais exactement à quel endroit c'était sur le site, à un moment il y a un médecin légiste qui arrive sur le lieu du crash du dernier avion, celui qui s'est craché dans un champ de Pennsylvanie, et il dit : "j'ai arrêté de faire le médecin légiste au bout de quelques minutes parce qu'il n’y avait aucun corps ici" sauf que ce qu'il veut dire, lorsqu'il dit cela, c'est qu'il n'y avait aucun corps entier : il y avait des débris, il y avait des morceaux, des choses comme ça. Or évidemment si on sort cette affirmation de son contexte, on va pouvoir montrer à peu près tout et n'importe quoi. Mais ce n'est pas comme ça qu'on établit les faits ! Malheureusement, c'est ce que je disais, si leur objet l'étude, c'était par exemple l'holocauste, avec des raisonnements comme ça on pourrait aboutir à la négation aussi. Parce que, quand on n'a pas, quand on a aussi peu d'exigences envers ses propres raisonnements, on risque de dérailler assez vite au niveau des conclusions. Jean Michel Abrassart : Ils réfléchissent souvent, enfin les conspirationnistes, pensent souvent "on n'a pas de preuves de ce que l'on avance, mais c'est ça la preuve de ce que l'on avance. L'absence de preuve est la preuve de la conspiration quoi... Jean Louis Racca : Tout à fait. En zététique il y a une facette qui dit que l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence. (rires) On l'oublie un peu souvent ! Non, c'est plutôt l'inexistence de la preuve n'est pas la preuve de l'inexistence plus exactement... Ça veut dire ça.

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