Epi 55 Le conspirationnisme

tremblement de terre à Haïti... Alors lui, il a découvert que dans les poussières il y avait des résidus de thermites. Alors la thermite, c'est un mélange d'oxyde de fer d'aluminium et c'est un mélange qui, lorsqu'il est allumé, a une réaction qui dégage une chaleur assez considérable. Et donc il a soutenu l'idée qu'il avait trouvé de ces résidus de thermites qui n'avaient pas encore brûlé dans les poussières du World Trade Center. Alors là par contre, pour le coup, l'article est passé dans une revue scientifique, il a été publié. Donc logiquement, il a dû être relu et en fait ce dont on s'est aperçu, c'est que vu le niveau de l'article, il y a de très fortes chances qu'il était relu peut-être par une secrétaire, mais sûrement pas par un scientifique. Il y avait des erreurs de méthodes assez incroyables. C'est-à-dire que là aussi, même le plus bêta des étudiants en chimie n'aurait pas fait les erreurs qu'ils ont commises ! C'est-à-dire que pour évaluer, par exemple, la capacité calorifique de ces résidus qui contenaient du charbon, ils ont fait un essai à air ambiant. Ça consiste, en fait, cet essai de calorimétrie, à faire brûler votre échantillon si vous voulez, pour simplifier ; et s'il contient du carbone, donc du charbon, et que vous le faites à l'air ambiant, et bien l'oxygène va se combiner avec le charbon et ça va brûler comme on brûle du papier et du charbon. Et ils se sont étonnés que cet échantillon contenant du charbon dégage de la chaleur ! C'est tout à fait normal, puisqu'il y avait du charbon dedans. Donc si vous faites brûler à l'air libre, et bien ça dégage la chaleur comme du papier, comme du charbon. Alors que normalement la thermite, je vous l'ai dit, c'est du fer et de l'aluminium, enfin de l'oxyde ferrique et d'aluminium, et bien normalement, ça n'a pas besoin d'oxygène. Donc pratiquement tous les essais qui sont faits sur la thermite sont faits à l'atmosphère inerte, c'est-à-dire avec de l'argon par exemple ; et donc là, c'est une erreur de méthode assez incroyable. Donc, pour simplifier, ils ont par exemple, je ne sais pas, des bûches de bois, ils veulent évaluer quelle est la capacité calorifique de ces bûches de bois ; ils ont un dispositif très compliqué pour mesurer la chaleur dégagée et pour mesurer cette chaleur dégagée, qu'est-ce qu’ils font ? Ils balancent 3 l d'alcool à brûler dessus pour allumer et ils disent : "Ah c'est colossal, cette chaleur qui est dégagée !" Évidemment ! Si vous balancez 3 l d'alcool à brûler sur vos bûches et bien vous faussez complètement vos résultats ! C'est exactement ce qu'ils ont fait. Donc cet article a pas mal fait rigoler aussi sur le plan scientifique... Jean-Michel Abrassart : Si je t'entends bien, enfin, finalement toutes ces "publications scientifiques" entre guillemets, en réalité elles sont là pour jeter de la poudre aux yeux du grand public.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTc5ODk=