Le Conspirationnisme - Le Complot Cosmique
Stéphane François : Je suis tout à fait d'accord avec Emmanuel. Pour des cas concrets d'État instrumentalisant les théories du complot, il suffit de penser par exemple aux états arabes, en Égypte ou en Syrie. Oui, ou même, comme le dit Emmanuel, on peut penser à la France actuellement avec notre président Nicolas Sarkozy, qui accuse les finances internationales d'être à l'origine des rumeurs sur sa vie de couple. Donc ça c'est un grand débat depuis une semaine en France, mais d'un côté un peu plus sérieux, c'est vrai que des états comme l'Égypte utilisent la théorie du complot pour expliquer à la population, pourquoi celle-ci est maintenue dans une pauvreté avec des boucs émissaires étant à tour de rôle et en même temps, les juifs et les coptes. Et sinon, pour ce que disait Emmanuel à propos de l'aspect ludique, il faut être honnête de ce côté-là, la théoriedu complot est unmatériauassez intéressantmême assez génial pour les scénarios de films ou de bandes dessinées. Ça, c'est le côté oui entièrement ludique. Et pour revenir à l'instrumentalisation d'extrême droite, il y a certains auteurs d'extrême droite qui ont utilisé les théories du complot pour passer des idées négationnistes. Ou utiliser les idées de l'ufologie nazie pour passer des idées négationnistes ou pour faire l'apologie du troisième Reich. Je pense en particulier à Ernst Zündel un négationniste germano-canadien qui vient d'être libéré ; il avait développé des propos négationnistes en Allemagne, s'était réfugié au Canada et avait dû quitter le Canada pour se réfugier aux États-Unis là où il s'est fait arrêter. Enfin c'est assez compliqué de suivre son parcours, mais il utilisait sa maison d'édition et un certain nombre de textes pour diffuser des théories négationnistes qui ont eu un succès marginal, mais quand même, dans les milieux New-Age. Plus que dans les milieux d'extrême droite d'ailleurs. Jean-Michel Abrassart : Est-ce que tu as l'impression que ce genre de théorie brouille un peu les cartes au niveau de la manière dont les gens perçoivent des événements historiques, ou leur impact est tellement faible que ça n'a pas vraiment d'importance. Par exemple, je pense aux théories sur le 11 septembre, l'impact est énorme, il y a une réécriture de l'histoire qui s'opère : est- ce que c'est aussi un risque de ces théories de vraiment réécrire l'histoire d'une certaine façon ? Stéphane François : Nonnonnon.Cesthéoriesducomplotvont rester trèsmarginales.Onnepeutpascomparer ça avec le 11 septembre, mais depuis quelque temps, il y a quand même des débuts de synthèse entre le 11 septembre et ce genre de théorie. Mais le conspirationnisme, en tout cas celui étudié dans notre ouvrage, c'est vraiment un milieu très marginal qui prend
RkJQdWJsaXNoZXIy MTc5ODk=